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Paroisses St Pierre et St Jean Baptiste Orthez-Castétis
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Synode

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Synode et Synodalité. (Suite au Dimanche en Paroisse du 27 mars 2022)

Synthèse des groupes ayant réfléchi à la synodalité :

Le groupe évangile (Françoise Peyré) ; deux maisonnées (Laurence Piquin et Bernadette Mora) ; l’ACI (Henri Mialocq et Françoise Peyré) , le DEP du mois de mars… qui d’autre ?  

Une Eglise synodale, en annonçant l’Evangile, « marche ensemble » : comment ce « marcher ensemble » se réalise-t-il aujourd’hui dans notre Eglise particulière (notre paroisse, nos équipes…) ? Quels pas l’Esprit nous invite-t-il à accomplir pour grandir dans notre « marcher ensemble » ?

    • Quatre thématiques proposées :
      • Comment nous sentons nous dans notre Eglise aujourd’hui ? Les points positifs et les points négatifs.
      • Quelle est la place des laïcs ? 
      • L’autorité dans l’Eglise ; selon ce que nous en comprenons ou vivons.
      • Le rapport aux autres en particulier ceux qui sont à la périphérie.  

En préambule.

  • Remarquer que cette synthèse souhaite s’inscrire dans une dynamique de recherche, de travail et de recherche de nouveaux chemins à prendre à partir d’une réalité ou d’un ressenti qui même s’il peut apparaître parfois un peu négatif, constitue, d’une part l’occasion de pointer ce qui est à revoir, et d’autre part les réponses et les chemins à prendre, lesquels sont compris dans les formulations. Oui les réponses sont en grande partie dans les questions ! oui, poser une problématique c’est déjà trouver une partie de sa solution…
  • Le Covid a été pendant deux années un obstacle majeur et handicapant pour la vie personnelle, familiale, professionnelle, et ecclésiale. Il n’est pas la cause de ce qui suit mais il n’a guère favorisé un cheminement dynamique ; au contraire. C’est une dimension à prendre en compte dans l’appréciation de ce qui suit. C’est aussi, au moment où l’on perçoit qu’il y a une lueur de sortie de ce tunnel du Covid, de reprendre souffle et de redonner plus de dynamisme et de fraternité à notre vie paroissiale.
  • Enfin toutes les restrictions ou propositions, doivent être comprises comme insérées dans un projet de mission en vue du Royaume, où l’essentiel est le primat de la Grâce qui passe par les sacrements, la prière et la vie fraternelle. Une mission devant laquelle chaque chrétien s’engage tout en se reconnaissant, humblement, comme un serviteur, un « serviteur inutile ».  
  1. Comment nous sentons nous dans notre Eglise aujourd’hui ?

L’Eglise, est un lieu de liberté et de tolérance par principe ; elle est source d’Espérance pour beaucoup, dans le monde que nous vivons. Beaucoup s’y sentent bien même si le nombre de participants aux offices diminue.

Les sacrements sont des « lieux » importants pour la vie de foi.

Même s’il n’y a pas de restrictions de fond et que l’Église est quand même vécue comme un lieu important pour la foi, les groupes remarquent :

  • Dans nos assemblées dominicales.
    • On remarque le manque de jeunes. L’intergénérationnel est défaillant. Il ne semble pas être un facteur de mobilisation pour nos pasteurs, du moins aux yeux des fidèles : pas de messe des jeunes, pas de jeune d’aumônerie aux assemblées dominicales, pas de messes des familles, pas assez de propositions de mouvements apostoliques (scoutisme par exemple).

Même si c’est une tendance actuelle que la désertion de nos églises, il n’y a pas beaucoup de dynamisme à essayer d’y remédier : pas de places spécifiques, devant par exemple, pour les enfants ; pas de gestes de sollicitations symboliques : leur faire porter des offrandes, apporter une bougie, poser un dessin. Quelle place pour des « petits clercs » (enfants de chœur) ? Vigilance à ne pas retomber sur des schémas anciens et à consulter les enfants et jeunes concernés pour leur offrir une place dans notre Eglise et nos assemblées.

    • Les services du lectorat et de l’acolytat ne sont pas en tant que tels honorés : ni formalisés, ni présentés, ni vraiment assurés. C’est plus une organisation et un fonctionnement qu’une mission ecclésiale.
    • L’accueil dans nos assemblées.
      • Il y est pauvre y compris-c ’est encore plus dommage- dans les occasions particulières : pour les temps liturgiques où nos églises se remplissent (La Toussaint, Noël et Rameaux…) ; là, l’accueil n’est pas vraiment pensé. En ce qui concerne l’accueil lors de l’assemblée dominicale il y a une insistance de tous les groupes à le remettre en place.
      • De même l’accueil « permanent », en journée, pour les visiteurs ou les personnes qui viennent se recueillir. Cet accueil ne semble pas exister, même pas pendant certaines périodes. Il devrait être témoignage de foi.

A ce propos il est noté l’importance de ne pas avoir peur de faire appel au volontariat.

      • Il n’y est pas suffisamment non plus, pour accueillir et surtout garder le lien avec les personnes qui ne viennent qu’occasionnellement à l’Eglise (funérailles, mariage, baptême, autre…). Importance de penser, d’établir et de maintenir un lien explicite formel, reconnu et nourri par la communauté chrétienne avec ces personnes-là.
      • Il n’y a pas assez de temps de prière spécifiques : par exemple pour la paix, avec un moment formalisé à l’église, et une invitation à tous les paroissiens. Comme, il y a eu des propositions de « prières pour la vie » il pourrait y avoir ponctuellement des temps de prière à l’église pour la paix, pour les victimes et les auteurs de pédophilie (cf. le rapport de la CIASE), ou d’autres situations préoccupantes… A propos de la CIASE le silence de notre clergé a été noté et regretté.
  • Les visites individuelles. Il n’y a pas d’organisation de visites individuelles pour les personnes seules, malades ou handicapées. Suggestion : il pourrait y avoir un cahier qui recense les « demandes » et les réponses possibles. Une fois de plus la paroisse pourrait porter ce service dans la prière, en communiquant aussi là-dessus. 
  • Les rassemblements.
    • Les petits groupes, Liturgie, évangile, cénacle, rosaire, alpha, ACI, catéchistes… sont très appréciés comme des lieux de fraternité et de communion. De même, mais oui, les grands rassemblements (pèlerinages paroissial, diocésain, sortie catéchismes…
    • Par contre les assemblées dominicales ne sont pas assez fraternelles ; il n’y a guère de communion entre nous ; nous sommes côte à côte plutôt qu’ensemble… Certains prêtres ne favorisent pas vraiment la communion et l’individualisme reprend le dessus… Sauf à la sortie de l’église pour des paroissiens (une minorité ?).
  • La caravane des vocations. L’accueil des séminaristes, dans une paroisse est important ; c’est une forme d’ecclesialité, de partage et de fraternité. Mais il n’est pas suffisamment préparé et pensé au sein de la paroisse. C’est plutôt un engagement individuel et non pas paroissial. Importance de vivre cette fraternité de façon ecclésiale, communautaire, partagée.
  • La communication ! C’est un aspect qui ressort dans la plupart des groupes de réflexion.  La communication est le support de la communion. Comment prier, porter dans le cœur ce que l’on ne connait pas ou que l’on ignore ? La communication est très pauvre et pratiquement tous les groupes regrettent cette pauvreté. La feuille paroissiale concerne ceux qui vont à la messe du dimanche sur place ; le site Internet est peu nourri, guère lu et très peu mis en référence dans les annonces ou sur les panneaux à l’entrée de l’église.   
    • Tout est trop cloisonné, saucissonné ; pas assez de communion, guère de fraternité. On ne se connait guère entre chrétiens ! L’importance de rassemblements divers de chrétiens autour de conférences, de thèmes de réflexions mais aussi autour de chantiers partagés a été relevée.
    • De même l’investissement d’un local pour les jeunes ; d’un fond de bibliothèque religieuse… De ces lieux thématiques qui nourrissent une vie paroissiale et communautaire.
    • Il n’y a pas assez de communication ni de communion. Les informations sont pauvres et la formation -selon certains- insuffisante, en particulier pour les catéchistes.
    • Alors des idées sont émises :
      • Pourquoi ne pas créer un WhatsApp paroissial ?  Avec deux ou trois personnes chargées de recevoir les infos et de les « gérer » … Ou des personnes qui à tour de rôle seraient chargées de l’animer sur une durée déterminée : une semaine, un mois…
      • Pourquoi pas un journal paroissial ? La disparition de l’écho Béarnais est regrettée par beaucoup.
      • Pourquoi pas un « salon du bénévolat » ou une fraternité apostolique qui dynamise la vie paroissiale ?
      • Des dimanches en Paroisse plus fréquents ?
      • Des temps de rassemblements avant ou après la messe dominicale autour de thématiques ou d’actions à mener….
  • Par rapport à la CIASE (commission contre la pédophilie dans l’Eglise). Ce rapport met en exergue des défaillances -celles-ci graves- dans l’Eglise.
    • Quelques réflexions que l’on a entendu dans les groupes de réflexion : « Je me sens très mal dans l’Eglise aujourd’hui… Je n’arrive pas à défendre l’Eglise ». « Je n’ai plus confiance en l’Eglise et en ceux qui la représentent, sauf le pape, mais ni les évêques ni les prêtres ». Là encore sans ériger ces propos en généralité, importance de repérer une crise de confiance en particulier envers les clercs…Ces avis sont forts ; ils sont partagés par tous mais à des degrés divers…
    • Remarque : L’Eglise c’est le peuple de Dieu ; c’est nous !  A ce titre il est important pour chaque chrétien de se poser la question : en quoi je suis concerné par ce qui se vit l’Eglise. Devant les défaillances, Il ne s’agit pas d’endosser la culpabilité pour les fautes d’un autre, mais de vivre une démarche communautaire où chacun (l’auteur, la communauté) s’interroge sur la position qu’il occupe devant ce qui se montre comme une blessure personnelle et communautaire ! En bref, l’Eglise c’est nous !
  • Par rapport à l’Eglise Universelle.
    • Même s’il y a une distinction entre Eglise institution et Eglise universelle, certains ne ressentent notre Eglise, ni comme Sainte, ni comme nourrissante, ni même comme vraie source de foi, ni non plus comme ouverte au monde ou aux autres religions.  « Je ne pense pas qu’on nous ait appris l’ouverture dans notre catéchisme de vie chrétienne ».  
    • Le rapport à la vérité est perçu, même par les croyants, comme intransigeant ! Là encore même s’il y a des nuances à apporter tous partagent cet avis d’une Eglise un peu sclérosée et lourde de ses habitudes, ses ritualités et sa tradition.
    • Il y a un fort décalage et peut-être une incompréhension entre l’Eglise et le monde

 

  1. Quelle est la place des laïcs ?

Bien noter que cette question de la place des laïcs doit être référée à la nature de l’Eglise : un lieu charismatique en vue de la mission ; en vue du Royaume de Dieu.

Or très vite elle apparait comme un appareil d’état qui a un fonctionnement propre et dont la mission première est un peu étouffée par le fonctionnement institutionnel qui privilégie le clergé et subordonne les fidèles. On le verra en ce qui concerne l’exercice de l’autorité.

  • La place des femmes. Beaucoup de femmes ont eu un rôle prépondérant dans la vie de l’Eglis et beaucoup de femmes sont heureuses de la place qu’elles ont dans l’Eglise. Elles en sont, à partir de leur foi et de leur engagement, une matrice essentielle et reconnue. Elles sont très importantes pour la transmission de la foi.

0r l’Eglise est patriarcale. « Les femmes sont reléguées, oui, mais utilisées à des fonctions subalternes ». « Notre avis ne compte pas beaucoup » ; « les pasteurs, ce ne sont que des mecs » ! « Vous les hommes vous avez les prêtres pour vous représenter, nous les femmes on n’a personne ».  « Les femmes ont accès à des postes de responsabilités, mais fonctionnels » (et non pastorales ou liturgiques) ; « plus on s’approche de l’évêque et plus ce sont des hommes ». Ces remarques-là illustrent le sentiment de relégation et de déconsidération des femmes, qui malgré tout restent utiles, voire utilisées dans l’Eglise ! Et encore on a entendu : « Je ne comprends pas pourquoi les femmes ne peuvent pas être prêtres ». « Oui à l’importance des communautés religieuses féminines ».

  • La place des hommes laïcs. Au final elle est la même que celle des femmes. Ils n’ont pas droit à la parole en ce qui concerne les décisions dans la vie de l’Eglise, même s’ils ont comme les femmes, dans le civil des postes de responsabilité. A ce propos on note :
    • Que l’Eglise n’utilise pas vraiment les compétences des laïcs, sauf pour certains postes (économat par exemple).
    • Que la paroisse ne soutient pas suffisamment l’engagement des chrétiens, soit au sein de l’Eglise soit dans la société civile !
    • Il a été parlé d’un manque d’ouverture devant les personnes marginales -quant à leurs mœurs par exemple- et ce, en particulier chez les jeunes prêtres !

On peut penser que ce type de pratique scinde les façons de fonctionner, hiérarchise les places et relègue des catégories (laïcs, femmes, mais aussi parfois ceux qui vivent des situations anachroniques ou contestables…) ; tout cela peut être est un « anti témoignage ».

  1. Le rapport à l’autorité.
  • L’autorité en Eglise. Elle est essentielle, importante, reçue du Christ et mise en œuvre par des hommes. Elle est reconnue et acceptée. Le prêtre est l’une des figures de cette autorité et globalement les choses sont accueillies avec tranquillité et apaisement par le plus grand nombre. L’autorité n’est pas contestée dans sa nature, mais dans ses modalités.
  • En effet, cette autorité peut être perçue comme exercée avec excès. L’autorité ecclésiale est alors ressentie plus comme une évidence que comme une invitation à grandir. Elle n’est pas suffisamment présentée comme un service ; elle est perçue comme pesante, voire autoritariste.  

Elle est un peu « monopolistique » ; relative au pape, à l’évêque ou au prêtre, point !

Trop d’échanges dans l’Eglise sont plutôt des prises de parole des clercs, donc à sens unique : le prêtre parle et les fidèles écoutent ; il n’y a guère de dialogues interactifs.

Certains parlent du peu d’échange après des enseignements.

D’autres aimeraient qu’à la place du sermon il y ait des partages d’évangiles ;

D’autres proposent que des laïcs ou des religieux ou religieuses puissent si ce n’est assurer l’homélie du moins prendre la parole pour un commentaire de textes ou un enseignement et ce, au cours de la messe. Oui insistance sur cette importance de partages entre nous, avec le clergé, qui favorise un cheminement commun, communautaire.

Qu’il y ait un décisionnaire (l’évêque, le prêtre…) ce n’est pas du tout contesté. Par contre il est explicitement formulé l’importance :

      • En amont, de consulter le peuple chrétien ;
      • En aval, de rendre compte, dans l’instant et dans la durée, des décisions prises. En fait il s’agit de prendre plus à parti les fidèles laïcs dans le processus de décision, en amont et en aval ! Or ce n’est guère le cas.
      • En fait il s’agit d’activer ce qui existe déjà en termes de consultation, mais aussi de pratiquer un « rendu compte » des décisions prises. Ce dernier aspect n’existe guère !  Les conseils pastoraux, les EAP (Equipe d’animation pastorale), mais aussi les assemblées (dominicales entre autres) seraient dans la paroisse des lieux propices pour ce faire.
  • Le silence dans l’église. Le silence de l’église, le silence des décisions, est quelque chose qui revient souvent dans les appréciations des laïcs.  (Une remarque : il n’est pas rare d’entendre que l’évêque, ou tel ou tel prêtre n’a pas répondu à un courrier ! Au nom de quoi, l’exercice de l’autorité justifierait cette absence de réponse qui pourrait être le signe au bas mot d’une absence d’éducation au plus fort d’un despotisme). Cette réalité est blessante pour la personne qui a pris la parole, une parole qui est étouffée par l’absence de réponse !

La paroisse est une famille où même si l’autorité s’y exerce, la remise en question et le dialogue devraient être effectifs et fréquents. Ce n’est pas vraiment le cas. Les consultations sont parfois formelles et les restitutions de décisions plutôt inexistantes.

  • Les prêtres parlent d’autorité, mais certains trouvent que cette autorité semble se généraliser à plus que la vie de l’Eglise : les mœurs, le couple, la sexualité… Ces prises de position de l’Eglise ou des clercs, brouillent le message de la foi, d’autant que sur cette question des mœurs, l’Eglise apparait intransigeante, sectaire et fermée sur elle-même ; elle se présente comme détentrice de la vérité. Or pour certains l’Eglise est perçue comme porteuse d’une morale désuète, « elle est en retard d’un train ».

Il ne s’agit pas d’épouser des valeurs, matérialistes, relativistes ou hédonistes, mais de tenir aux fondamentaux de la vie chrétienne tout en reconnaissant ce qu’il y a de bon, de vrai et de beau dans le monde aujourd’hui ; de rester ouvert avec bienveillance au monde profane mais aussi à chacune des personnes différentes dans leurs mœurs en particulier. Cela dans un esprit de fraternité et non de rivalité ou de récupération.

Une fois de plus « l’Eglise c’est nous" et ces considérations peuvent elles aussi concerner tout autant le clergé que les fidèles.  

  • La direction d’une paroisse. L’idée d’une paroisse dirigée par un ou des laïcs avec un prêtre accompagnateur a été formulée. Le prêtre qui doit être un pasteur, n’est pas obligatoirement un manageur !
  • Le rapport à l’argent. Il a été remarqué qu’il n’y a guère de transparence concernant les finances de l’Eglise : les biens de l’Eglise, le salaire et les revenus des prêtres ou de l’évêque. Cette opacité concernant l’argent et les biens, obère la confiance.

On remarque aussi que peut-être les catholiques, différemment des protestants, ne s’impliquent pas suffisamment financièrement vis-à-vis de l’Église.

  • Quant à la vie fraternelle. Quel anti témoignage encore !

Aussi bien entre chrétiens, qu’avec les prêtres, elle est vraiment perçue comme défaillante. Il n’y a pas assez de fraternité entre nous tous, (entre laïcs, et entre laïcs et prêtres). Le « Voyez comme ils s’aiment » ne fonctionne pas très bien !

Certains disent qu’il n’y a pas d’écoute réciproque suffisante entre les clercs et les laïcs. Or l’écoute est l’un des éléments du dialogue qui lui-même est l’un des éléments de la fraternité.

On remarque que dans un groupe une petite moitié des participants reçoit un prêtre chez soi ; une grosse moitié n’en reçoit jamais.  « Je ne trouve plus l’utilité d’inviter le prêtre ». Où est la fraternité ? Les notions d’autorité et de hiérarchie effectivement peuvent être des obstacles à la fraternité.

 

  • Les conflits.  Ils ne sont guère possibles et s’ils surviennent n’arrivent guère à être gérés, sauf par le silence ou l’étouffement dans la prière sans avoir été au préalable, traités en tant que tels. L’exercice de l’autorité passe par la gestion des conflits. Une gestion vigoureuse respectueuse, bienveillante, toujours guidée par le souci de l’évangile. Ce n’est pas ce qui est ressenti, mais plutôt le silence. Quelques exemples :
    • Il a été parlé de l’opposition entre les traditionnalistes et les progressistes au sein de l’Eglise ; une tension voire une opposition qui dans la paroisse n’est guère gérée sauf par le silence et la fuite en avant (demain est un autre jour) ! Comment aborder cette question sans la fuir, sans la stigmatiser, en l’accueillant comme une réalité où la différence et même l’opposition ne sont pas un obstacle pour l’annonce de l’évangile à partir du moment où cette situation est reconnue, accueillie et dépassée ?
    • Il a été nommé l’opacité relative au conflit, au sein de la paroisse concernant la maison Chesnelong et la maison Ste Claire.
    • C’est étrange de remarquer l’impression que la prière serait une réponse à des conflits que l’on ne veut pas traiter en tant que tels ! (Cf. la CIASE) !
    • Un groupe parle d’une église qui n’est dirigée que par des hommes, des hommes vieux !
  1. Le rapport aux autres en particulier ceux qui sont à la périphérie.

Il se dégage :

  • Que l’Eglise ne va guère vers eux, du moins de façon volontaire, régulière et partagée entre l’ensemble des croyants-pratiquants. 
  • De la même façon l’engagement auprès des personnes handicapées existe mais est limité à quelques rares associations ou à des initiatives individuelles.
  • Importance de resolliciter les familles qui ont fait une demande à l’Eglise dans l’année en cours : baptême, enterrement, mariage, autre… Ce n’est pas vraiment fait, ou alors formellement et peut-être pas très investi comme sollicitation. Ça ne fait pas partie d’une volonté systématique, pensée, outillée et nourrie par la prière paroissiale.

Conclusion. Quelques thématiques se dégagent de cet échange :

Tout d’abord que malgré toutes les remarques restrictives, revenons au préambule qui reconnait une Eglise lieu de la vie chrétienne, qui nourrit la foi et permet le cheminement vers le déjà là et le pas encore du Royaume.

Remarquons que ni les célébrations ni l’autorité ne sont en tant que telles contestées ou dénigrées, mais plutôt les modalités de cette autorité ou de certaines célébrations.

L’Eglise est vivante et fervente. Elle est le temple de l’Esprit.

Mais elle doit à la suite de la demande du pape François s’interroger sur ce qui est à revoir. En ce qui concerne notre réflexion paroissiale :  

  • L’importance de l’accueil à nombre de moments de la vie de la paroisse et du diocèse ;
  • La fraternité qui est tellement pauvre qu’elle est presque un anti-témoignage ;
  • La prière qui devrait être valorisée comme ce qui nourrit l’essentiel de la vie personnelle et de la vie de l’Eglise, donc aussi la vie -dans tous ses aspects- paroissiale.
  • La communication, l’information mais aussi la formation (des catéchistes par exemple), qui font largement défaut avec une grande pauvreté de ce qui s’appelle une éthique de discussion et qui débouche sur un manque de communion.

La pratique de l’autorité devrait se nourrir de la volonté active, sans cesse renouvelée du dialogue : avec ses deux composantes parler et écouter.

  • Et enfin même si elle n’a guère été nommée : la paix. Il est important de désirer cheminer en Eglise en recherchant envers et contre tout, la paix : la paix en soi, la paix entre nous les paroissiens, la paix entre les différentes églises (œcuménisme, dialogue des religions) la paix avec le monde, Une paix, recherchée et vécue dans la mouvance de l’Esprit Saint.

 

Voici un compte-rendu du Dimanche en Paroisse "Synodal" qui s'est déroulé le Dimanche 27 février.
Les personnes qui le liront sont invitées à envoyer leurs commentaires et / ou remarques sur le mail de la paroisse : paroisse.orthez@wanadoo.fr
 
Bonne lecture !...
 

                                            Synode et Synodalité.

Compte-rendu de la rencontre du Dimanche en Paroisse, (du 27 février) autour du thème Synode et synodalité. (Une bonne trentaine de personnes présentes)

Une Eglise synodale, en annonçant l’Evangile, « marche ensemble » : comment ce « marcher ensemble » se réalise-t-il aujourd’hui dans notre Eglise particulière (notre paroisse, nos équipes…) ? Quels pas l’Esprit nous invite-t-il à accomplir pour grandir dans notre « marcher ensemble » ?

    • Quatre thématiques ont été abordées :
  1. Comment nous sentons nous dans notre Eglise aujourd’hui ?

L’Eglise, est lieu de liberté et de tolérance ; elle est source d’Espérance pour beaucoup, dans le monde que nous vivons. Beaucoup s’y sentent bien même si le nombre de participants aux offices diminue.

Les sacrements sont de « lieux » importants pour la vie de foi.

Même s’il n’y a pas de restrictions de fond et que l’Église est quand même vécue comme un lieu important pour la foi, le groupe remarque :

  • Dans nos assemblées dominicales.
    • On remarque le manque de jeunes. L’intergénérationnel est défaillant. Il ne semble pas être un facteur de mobilisation pour nos pasteurs, du moins aux yeux des fidèles : pas de messe des jeunes, pas de jeune d’aumônerie aux assemblées dominicales, pas de messes des familles, pas assez de propositions de mouvements apostoliques (scoutisme par exemple). Même si c’est une tendance actuelle que la désertion de nos églises, il n’y a pas beaucoup de dynamisme à essayer d’y remédier : pas de places spécifiques, devant par exemple, pour les enfants ; pas de gestes de sollicitations symboliques : leur faire porter des offrandes, apporter une bougie, poser un dessin. Quelle place pour des « petits clercs (enfants de chœur) ?
    • L’accueil dans nos assemblées.
      • Il y est pauvre y compris-c ’est encore plus dommage- dans les occasions particulières : pour les temps liturgiques où nos églises se remplissent (La Toussaint, Noël et Rameaux…) ; là, l’accueil n’est pas vraiment pensé.
      • De même l’accueil « permanent », en journée, pour les visiteurs ou les personnes qui viennent se recueillir. Cet accueil devrait être témoignage de foi.

 

  • Dans notre paroisse.
    • Tout est trop cloisonné, saucissonné ; pas assez de communion, guère de fraternité. On ne se connait guère entre chrétiens !
    • Il n’y a pas assez de communication ni de communion. Les informations sont pauvres et la formation -selon certains- insuffisante, en particulier pour les catéchistes.
    • Pourquoi ne pas créer un WhatsApp paroissial ? 
    • Pourquoi pas un « salon du bénévolat » ou une fraternité apostolique qui dynamise la vie paroissiale, des dimanches en Paroisse plus fréquents ?
    • Il n’y a pas assez de temps de prière.

 

  • Par rapport à la CIASE (commission contre la pédophilie dans l’Eglise). Ce rapport met en exergue des défaillances -celles-ci graves- dans l’Eglise.
    • « Je me sens très mal dans l’Eglise aujourd’hui… Je n’arrive pas à défendre l’Eglise ». « Je n’ai plus confiance en l’Eglise et en ceux qui la représentent, sauf le pape, mais ni les évêques ni les prêtres ». Là encore sans ériger ces propos en généralité unanime, importance de repérer une crise de confiance en particulier envers les clercs…Ces avis sont forts ; ils sont partagés par tous mais à des degrés divers…

 

  • Par rapport à l’Eglise Universelle.
    • Même s’il y a une distinction entre Eglise institution et Eglise universelle, on ne ressent notre Eglise, ni comme Sainte, ni comme nourrissante, ni même comme vraie source de foi, ni non plus comme ouverte au monde ou aux autres religions.  « Je ne pense pas qu’on nous ait appris l’ouverture dans notre catéchisme de vie chrétienne ».  
    • Le rapport à la vérité est perçu, même par les croyants, comme intransigeant ! Là encore même s’il y a des nuances à apporter tous partagent cet avis d’une Eglise un peu sclérosée et lourde de ses habitudes et ritualités.
    • Il y a un fort décalage et peut-être une incompréhension entre l’Eglise et le monde

 

  1. Quelle est la place des laïcs ?
  • La place des femmes. Beaucoup de femme ont eu un rôle prédominant dans la vie de l’Eglise.  Et dans la liturgie ?

L’Eglise est patriarcale. Les femmes sont reléguées oui, mais utilisées à des fonctions subalternes. « Notre avis ne compte pas beaucoup » ; « les pasteurs, ce ne sont que des mecs » ! « Vous les hommes vous avez les prêtres pour vous représenter, nous les femmes on n’a personne ».  « Les femmes ont accès à des postes de responsabilités, mais fonctionnelles (et non pastorales ou théologiques) ; mais plus on s’approche de l’évêque et plus ce sont des hommes ». Ces remarques-là illustrent le sentiment de relégation et de déconsidération des femmes, qui malgré tout restent utiles, voire utilisées dans l’Eglise ! Et encore on a entendu : « Je ne comprends pas pourquoi les femmes ne peuvent pas être prêtres ». Oui à l’importance des communautés religieuses féminines.

  • La place des hommes laïcs. Au final elle est la même que celle des femmes. Ils n’ont pas droit à la parole en ce qui concerne les décisions dans la vie de l’Eglise, même s’ils ont dans le civil des postes de responsabilité. A ce propos on note que l’Eglise n’utilise pas vraiment les compétences des laïcs, sauf pour certains postes (économat par exemple).

 

  1. Le rapport à l’autorité.

L’autorité en Eglise est essentielle, importante, reçue du Christ. Elle est reconnue et acceptée. Le prêtre est l’une des figures de cette autorité et globalement les choses sont accueillies avec tranquillité et apaisement par les personnes présentes à cet échange.

Parfois toutefois cette autorité peut être perçue comme exercée avec excès. L’autorité ecclésiale est alors ressentie plus comme une évidence que comme une invitation à grandir. Elle n’est pas suffisamment présentée comme un service ; l’autorité est perçue comme pesante, voire autoritariste.  Elle est un peu « monopolistique » relative au pape, à l’évêque ou au prêtre, point !

Or, la paroisse est une famille où même si l’autorité s’y exerce, la remise en question et les interactions devraient être effectives et fréquentes. Ce n’est pas vraiment le cas. Les consultations sont parfois formelles et les restitutions de décisions plutôt inexistantes.

  • Les prêtres parlent d’autorité, mais on trouve que cette autorité semble se généraliser à plus que la vie de l’Eglise : les mœurs, le couple, la sexualité… Ces prises de position de l’Eglise ou des clercs, brouille le message de la foi, d’autant que sur cette question des mœurs l’Eglise apparait intransigeante, sectaire et fermée sur elle-même ; elle se présente comme détentrice de la vérité. Or pour certains d’entre nous : « elle est en retard d’un train ».
  • Le rapport à l’argent. On a le sentiment qu’il n’y a guère de transparence concernant les finances de l’Eglise. Exemple, le salaire et les revenus des prêtres ou de l’évêque. Cette opacité concernant l’argent et les biens, obère la confiance.

On remarque aussi que peut-être les catholiques, différemment des protestants, ne s’impliquent pas suffisamment financièrement vis-à-vis de l’Église.

  • L’idée d’une paroisse dirigée par un ou des laïcs avec un prêtre accompagnateur a été formulée. Le prêtre qui doit être un pasteur, n’est pas obligatoirement un manager !
  • Quant à la vie fraternelle. Aussi bien entre chrétiens, qu’avec les prêtres elle est défaillante. Il n’y a pas assez de fraternité entre nous tous, (laïcs, et laïcs et prêtres). Le « Voyez comme ils s’aiment » ne fonctionne pas très bien !

 On remarque que dans notre groupe une petite moitié reçoit un prêtre chez soi ; une grosse moitié n’en reçoit jamais.  « Je ne trouve plus l’utilité d’inviter le prêtre ».

  • La caravane des vocations. L’accueil des séminaristes, dans une paroisse est important ; mais il n’est pas suffisamment préparé et pensé comme une démarche paroissiale. C’est plus un accueil individuel. Importance de vivre cette fraternité de façon ecclésiale, communautaire, partagée.

 

  1. Le rapport aux autres en particulier ceux qui sont à la périphérie ; présenter des situations.

Nous n’avons guère pris le temps d’interroger plus à fond cette thématique mais il se dégage :

  • Que l’Eglise ne va guère vers eux, du moins de façon volontaire, régulière et partagée entre l’ensemble des croyants-pratiquants. 
  • Importance de resolliciter les familles qui ont fait une demande à l’Eglise dans l’année en cours : baptême, enterrement, mariage, autre… Ce n’est pas vraiment fait, ou alors formellement et peut-être pas très investi comme sollicitation. Ça ne fait pas partie d’une volonté systématique qui est pensée et outillée.

 Conclusion. Quelques mots thématiques à déployer se dégagent de cet échange :

  • L’accueil :
  • La fraternité ;
  • La prière ;
  • La communication et l’information…

 

 

 

 

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Synode
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Echanges sur le Synode...

Notes concernant notre échange à propos du synode sur la synodalité dans les paroisses de St Pierre de Moncade et St Jean Baptiste des rivières.

 

Une Eglise synodale, en annonçant l’Evangile, « marche ensemble » : comment ce « marcher ensemble » se réalise-t-il aujourd’hui dans notre Eglise particulière (notre paroisse, nos équipes…) ? Quels pas l’Esprit nous invite-t-il à accomplir pour grandir dans notre « marcher ensemble » ?

Deux grandes modalités d’échange :

  • Lancer ou poursuivre l’échange, Synode et synodalité, dans les groupes déjà constitués des deux paroisses avec le document qui présente les dix pôles thématiques.
    • Les groupes déjà constitués : les groupes évangiles de Françoise Peyré et Mme Camiade ; l’ACI ; La maisonnée chez Laurence Piquin ; le Cénacle ; le Rosaire ; l’aumônerie de l’hôpital ; l’aumônerie de l’enseignement public (et privé ?) ; les catéchistes … (lister les autres groupes existants…).
    • Le document de base : celui de l’Eglise Catholique (https://eglise.catholique.fr).
      • Extraire les dix thématiques ; Chaque groupe se saisit du nombre de question qu’il souhaite et peut prendre.
      • Prendre des notes en ayant à cœur d’une part de recueillir le point de vue général, mais aussi celui qui se situe à la marge, minoritaire ou même contestant. Le compte rendu ne doit pas être une synthèse tiède, mais doit faire apparaître les écarts, les tensions ou les dissensus…

 

  • Proposer un « Dimanche en paroisse », sur le thème « Le Synode et la synodalité » à la suite de la demande du Pape François :
    • Le dimanche 27 février à la maison Ste Claire
    • Programme : messe à 10h30 à St Pierre ; 12h apéritif ouvert à tous ; 12h30 pique-nique tiré du sac ; 14h causerie en petits groupes : Le synode et la synodalité ». (Présentation par Mr le curé). 16h15 remontées des petits groupes d’échange ; 16h50 prière et conclusion de la journée.
    • Quatre thématiques seront abordées :
      • Comment nous sentons nous dans notre Eglise aujourd’hui ? Les points positifs et les points négatifs ; donner des exemples.
      • Quelle est la place des laïcs ? à partir de situations concrètes.
      • L’autorité dans l’Eglise ; selon ce que nous en comprenons ou vivons.
      • Le rapport aux autres en particulier ceux qui sont à la périphérie ; présenter des situations.
    • Cette journée est ouverte à tous ; on peut la rejoindre simplement pour l’après-midi
  • Les comptes rendus seront envoyés au secrétariat de la paroisse au plus tard pour le dimanche d 20 mars avec remontée de cette démarche synodale le dimanche 27 mars à Salies de Béarn.  

     

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